Première fois : en parler ou pas à ses parents
« Ça y est avec mon copain on l’a fait ! On a eu notre première fois ! Tu crois que je devrais le dire à ma mère ? ». Faire l’amour pour la première fois c’est super important. Qu’elle se soit bien ou mal passée, c’est une expérience unique, mémorable, intime, et parfois interdite par les parents. Alors grisés par l’enthousiasme d’avoir passé un cap, mais freinés par notre pudeur ou par l’idée que peut-être nos parents désapprouvent, on est souvent partagés entre l’envie de leur dire et celle de leur cacher. Alors qu’est ce qu’on fait ? Pourquoi leur en parler ? Ou plutôt pourquoi se taire ?
« J’ai envie de leur dire »
Les parents représentent souvent des personnes très importantes : depuis qu’on est tout petits ils ont pris l’habitude de nous accompagner dans nos expériences, de cautionner ou pas nos actes, nos attitudes face à tel événement. Ils sont un peu comme nos anges-gardiens. Alors pour certains, ça semble tout à fait naturel de partager cette première expérience sexuelle avec son père ou avec sa mère. On peut avoir envie de savoir ce qu’il (elle) en pense, s’il (elle) est d’accord ou pas, s’il (elle) s’en doutait, s’il (elle) a des craintes. Si ça s’est bien passé on a envie de montrer qu’on a fait le bon choix, qu’on l’assume, qu’on est responsable, qu’on sait ce qu’on fait puisqu’on a pris nos précautions. Et si ça s’est mal passé on peut tout simplement avoir envie de se confier pour être réconforté(e) et avoir des conseils.
C’est sûr, le dire à un de ses parents c’est prendre le risque qu’il soit contrarié ou en colère, mais c’est aussi la possibilité qu’il soit content pour nous et qu’il prenne conscience qu’on grandit. L’envie de leur dire va en fait avec le besoin d’être rassurés : on a besoin de voir qu’ils ne sont pas déçus et qu’ils vont continuer à nous aimer, à nous faire confiance.
« Hors de question de leur en parler ! »
Mais quand on est ado, on a aussi parfois envie de vivre des expériences seul-e, de se détacher de ses parents et de ce qu’ils attendent de nous ; et du coup, ne pas leur parler de notre « première fois », ça a du sens. Pourquoi ça a du sens ?
Parce que faire l’amour la première fois concerne notre intimité. On peut considérer que ça ne les regarde pas et on a alors envie de préserver notre jardin secret. Et puis à l’adolescence on devient pudique, parler avec ses parents de sexualité ne va pas de soi ; chacun peut se sentir mal à l’aise.
Parce qu’on a peur de leur réaction. En fait même si on ne se l’avoue pas toujours, la réaction de nos parents compte beaucoup : Est-ce que leur regard sur nous changerait ? Est-ce qu’ils seraient en colère, nous puniraient pour avoir bravé l’interdit ? Est-ce qu’ils me mettraient en garde ?
Parce qu’on sait déjà ce qu’ils pourraient en dire. Se retaper un cours sur la sexualité, sur les risques de tomber enceinte, sur les dangers des IST, ou pire entendre le récit de leurs propres expériences… non merci ! Et puis on n’a pas envie d’entendre que faire l’amour c’est sérieux, qu’il faut normalement prendre le temps de bien connaître l’autre avant de passer à l’acte, que c’est une question de maturité etc.… Alors là, ce qu’on veut : c’est ne pas leur en parler pour éviter qu’ils nous en parlent !
Pour ceux qui hésitent, on peut dire qu’il n’y a pas vraiment de bons ou mauvais choix, cela dépend de soi, de l’expérience qu’on a vécue, de nos parents, de leur personnalité, de leur façon de fonctionner, du lien qu’on a avec eux. Peut-être qu’on peut se poser comme question : « qu’est ce qu’on en attend ? Qu’est ce que ça nous apporterait de leur dire ou de ne pas leur dire ? Et au final qu’est ce que ça change ? »
Et si c’est important de quand-même en parler, pourquoi ne pas se confier à un autre adulte ? Une tante, l’infirmière scolaire, une conseillère conjugale et familiale dans un centre de planification ou Fil Santé Jeunes !!