Participer à une émission de télé-réalité : quels dangers ?
On pouvait comprendre l'année dernière la fascination qu'exerçaient ces émissions sur le public. Tout nouveau tout beau ! Cette année, la télé réalité revient en force, avec encore plus de programmes, et même si les chiffres tendent à prouver une légère baisse d'audience, les scores restent encore impressionnants. Et pourtant? Que nous montre-t-on? Des candidats qui s'éliminent les uns les autres; qui ont apparemment une certaine prédisposition à l'exhibitionnisme pour être filmés 24 heures sur 24 dans les aspects les plus intimes de leur vie quotidienne. On prône l'individualité, on ment, on triche pour parvenir à ses fins, certains n'hésitent pas à dénoncer les autres joueurs. Bref, tout ce que l'on déteste chez les autres en général...
Et pourtant, on regarde tous ou presque ces émissions, qui, il faut bien le dire, ne sont pas seulement programmées pour nous divertir ! Hé oui... on ne pense pas qu'à notre bien être, les chaînes pensent aussi à s'enrichir. Car ce type de programme brasse énormément d'argent et plus nous regardons et sommes actifs, et plus nous contribuons à faire leur bonheur. Par là même, nous les incitons à nous diffuser toujours et encore plus de TV-Réalité. En effet, à l'étranger se développent déjà d'autres concepts, qui risqueraient bien de nous arriver en France dans quelque temps si nous ne sommes pas vigilants. La télé-réalité, d'accord, mais peut-être pas non plus tout le temps et n'importe quoi !
Le quart d’heure de célébrité : de la popularité à l’oubli
En 1968 Andy Warhol énonçait : « dans le futur chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale ». Dans les années 2000 les émissions de télé-réalité triomphent, chacun veut son quart d’heure de célébrité. Ce qui compte maintenant c’est avant tout de se montrer. Pour être quelqu’un il faut être vu. Pas même besoin d’avoir un quelconque don ou de savoir faire quelque chose en particulier. Il suffit d’être vu et par conséquent connu… facile ! J’étais personne et je deviens quelqu’un, un peu comme une star… Comme cela est doux pour mon égo… Mais malheureusement je ne serai quelqu’un que pendant un quart d’heure. Mon égo flatté et gonflé s’en retrouvera tout rabougri… je retourne au néant, aigri, blessé, vidé.
Une célébrité basée uniquement sur l’exposition médiatique ne peut pas durer bien longtemps. Les téléspectateurs, consommateurs de nouveautés et de nouvelles têtes, finissent invariablement par se désintéresser. Comment encaisser ce désintérêt ? Comment gérer les fluctuations de mon égo sans perdre la tête ? Car oui, c’est bien d’amour propre dont il s’agit. Pendant un an la moitié de la France m’aimait… puis elle m’a oublié. Il faut être fort intérieurement pour garder les pieds sur terre. Il vaut mieux alors avoir un amour propre équilibré, ni grandiloquent ni souffreteux…
Mais alors pourquoi participer ?
Malgré les risques connus liés à la surexposition médiatique suivie d’oubli, les castings des émissions de télé-réalité ne désemplissent pas. Le gain potentiel semble peser plus lourd dans la balance pour certaines personnes. Ces gains sont de deux natures : gains financiers et gains narcissiques (égo regonflé).
Les personnes qui visent avant tout les « gains narcissiques » sont généralement celles qui ont une estime de soi fragile et qui cherchent à prouver à elles-mêmes et aux autres leur valeur. Il se peut qu’au moment de la prise décision les risques soient minimisés et les gains sur-évalués. Au final ce sont les personnes les plus fragiles qui prennent le risque de s’exposer publiquement, d’être jugées, critiquées, humiliées, aimées ou mal-aimées, et quoi qu’il en soit oubliées… D’où des risques décuplés.
Quelle responsabilité pour les productions ?
Certains évènements tragiques ont amené l’opinion publique et le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel)à réfléchir sur les conséquences des méthodes employées par les productions lors de la conception et la réalisation de ce type d’émission. Le mal-être constant de Loana de l’émission « Loft Story », le suicide de FX, candidat à l’émission « Secret story 3 » ont posé question. Quels risques prend-t-on lors d’un casting à embaucher des personnages, certes exubérants et démonstratifs, mais néanmoins fragiles ? Le candidat idéal est celui qui fera le plus grimper l’audimat, il faut donc qu’il soit agréable à regarder et qu’il divertisse le téléspectateur. Peut importe donc qu’il ait certaines fragilités psychologiques tant qu’il créera le buzz…
Une commission de réflexion a néanmoins été mise en place par le CSA afin de mieux encadrer ces émissions. Celle-ci a mis en avant la nécessité de revoir les procédures de casting et d’établir un suivi psychologique des candidats post-émission. Les producteurs, en tant qu’employeurs, se doivent de préserver les candidats des dangers physiques et psychiques encourus. Et si les dangers physiques sont plus facilement évaluables, les dangers psychiques restent eux encore à établir…
C’est bien triste ce que nous voyons sur le petit ecran.
J’ai bien l’impression que nous payons les redevances tele pour rien!!!
LES DIRECTEURS DE PROGRAMMES DEVRAIENT VRAIMENT PORTER UNE ATTENTION PARTICULIERE SUR CE QU’ILS NOUS OFFRENT COMME EMISSION.Car a long terme, ce sont leurs chaines de tele qui sortiront perdante.
A Bon attendeur salut…